THE TIME YOU ENJOY WASTING IS NOT WASTED TIME
"Bertrand Russel"
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vendredi 30 mai 2014

Cherchez et vous trouverez

... n'importe quoi.

Hier, profitant de la clémence de dame nature, je me suis dit "Tiens, si j'allais faire une promenade au cimetière !" Ce que je fis d'un pas guilleret.

Non pas qu'il y ait là la tombe d'une âme chère sur laquelle je pourrais aller me recueillir, mais plutôt parce que je me suis rendue compte, au fil des ans, que les cimetières sont d'excellents endroits pour trouver des champignons. Voilà. Pas très romantique. Je préfère cueillir que me recueillir. Ha ! c'est pas tout à fait vrai. Je me recueille à longueur de journée. J'ai juste pas besoin d'être dans un lieu sacré pour le faire. Parfois, quand je peins ou dessine, et que le temps disparaît et que JE SUIS, ben il me semble après coup avoir été en état de méditation profonde. J'sais pas comment expliquer la chose, mais probablement que vous avez déjà expérimenté la même chose à un moment ou un autre de votre vie.

Donc, disions-je, je suis allée au cimetière dans le but à peine avoué de peut-être sait-on jamais pouvoir trouver des morilles. Pffff !! De morilles, je n'en ai point vu les ombres. Elles sont difficiles à trouver, les mausus ! Les deux seules morilles que j'ai cueillies dans ma vie, je les ai trouvées par hasard dans mon propre jardin. La première fois, je me suis dit "Tiens, un crapaud mort !" Mais lorsque j'ai vu de plus près de quoi il s'agissait, je me suis mise à sauter partout tout en faisant une crise d'hyperventilation, comme si j'avais gagné le gros lot en plus des lots bonis. Bref, je suis virée folle le temps de quelques minutes. Après avoir appelé ma mère, mon chum et mes amis d'enfance, j'ai cueilli cette morille avec mille précautions, l'ai nettoyée, coupée en morceaux, et fait revenir dans un peu de beurre. Comme ça, en plein après-midi, abandonnant mes tâches au jardin. Oh, l'orgasme ! Quel bouquet de saveurs. J'en garde un souvenir impérissable. Depuis ce jour, j'ai toujours voulu retrouver des morilles. C'est une quête de tous les printemps. Mais je n'en trouve pluuuuus ! Ouiiiiin !! Je suis malheureuuuuuse !!

Je me suis dit qu'au cimetière, il y avait les endroits dégagés en bordure des bois où les morilles aiment se prélasser. Et bien j'ai trouvé un crâne de chevreuil, des bouteilles de bières anciennes, de vieilles cannes rouillées. Sortant du bois pour zieuter entre les rangées de tombes, j'ai trouvé où le roi Arthur avait sa sépulture, et aussi où repose Vercingétorix (à moins que ce ne soit un de ses ancêtres celtique). De plus, j'ai vu de très jolies moisissures (donc des champignons) sur une pierre tombale dédiée à je ne sais trop quel personnage historique important, car je n'en ai pas fait le tour pour y lire l'épitaphe. Ça devient barbant, à la fin...




Bien sûr, j'ai varlopé le tout dans mon modeste éditeur de photos, histoire de rendre ces pans d'histoire plus digestes.

dimanche 7 août 2011

Une autre TAG: Quelle femme de la Renaissance suis-je?

Ben là!! La question se pose-t'elle?

Néanmoins, je me plie au jeu d'Euterpe avec plaisir, car j'aime beaucoup son blogue. Donc, j'aime beaucoup Euterpe (que je ne connais pas dans la vie, mais on ne s'enfargera pas dans ces menus détails). Euterpe nous demande : Quelle femme de la Renaissance êtes-vous? C'est pas qu'une p'tite question, ça!

Bon... pour commencer, je ne connais pas toutes les femmes de la Renaissance. En fait, je ne m'y connais pas beaucoup en histoire. Je m'y perd un peu dans ces lignées de personnages influents ayant des descendances légitimes, naturelles et bâtardes qui sévissent dans divers régions et pays. Mais je lis avec avidité les billets d'Euterpe, car j'y fait toujours de belles découvertes. Ça me donne l'impression d'avoir de l'érudition!

Pour en revenir à la tag, je suis sans l'ombre d'un doute : Lucrezia Borgia


Voyez, c'est moi! Vous excuserez mon peignoir et mon bonnet de douche, c'est que je me suis fait peindre à l'improviste...

J'ai dû modifier mon nom pour semer les papparazzis. Des vraies taches, ces fatiguants là! Je me nomme donc Lucrecia Bloggia depuis plusieurs années afin de préserver mon anonymat. Ils n'ont rien vu ces idiots! Je peux donc poursuivre ma vie paisiblement et me consacrer aux arts et aux lettres sans me faire ennuyer avec ces sempiternelles mêmes questions, demandées avec une certaine pointe de lubricité dans le regard : Avez-vous vraiment eu des relations sexuelles avec votre père le pape Alexandre VI? Ainsi qu'avec votre frère César Borgia? Pouarch!! Non mais vous me prenez pour qui?!? Une poule pas de tête! Franchement, j'ai plus de classe et de respect de ma personne que vous semblez le croire! Pfff! Non mais...

Ce sont des ragots! Des manigances politiques pour discréditer notre famille et salir notre réputation! Je suis fâchée, là. Si ça continue, je vais dire des grossièretés. Non mais... coucher avec mon père... yark!... quelle idée... Ce qu'on peux inventer pour se venger! Tiens, j'aurais dû l'empoisonner celui-là. Mon mari. Giovanni Sforza. Notre mariage fut annulé par mon père pour des raisons politiques. Pour justifier cet acte, on a fait croire que l'union ne fut jamais consommée. Tu parles, si elle a été consommée! Comme si un mâle normalement constitué pouvait lever le nez sur mes charmes indéniables durant quatre ans! Wouah! N'importe quoi. Dans un sens, ça m'a arrangé cette désunion.  J'commençais à en avoir marre de ce mec! Pour se venger, ce minable atteint dans sa "mâlitude", s'est mis à raconter des horreurs sur mon compte. C'est de sa faute, si j'ai cette réputation, maintenant. Le sale!


Après ce mariage, j'ai eu ma période hippie. Je me suis baladée durant des mois avec des fleurs dans mes cheveux non-coiffés, des sandales indiennes aux pieds et les seins nus revendiquant ma libération sexuelle. Je trippais sur la musique à fond la caisse et j'aimais beaucoup les poèmes. Mais le fun ne dura pas, car mon père a décidé de me marier encore une fois. Shit. Alphonse d'Aragon. Al-phon-se, toé. Tu parles d'un nom sexy. Ah oui, Alphonse, oui-oui-ouuuiiiii oooh fonce, Alphonse!
Entouéka... il a réussi à m'engrosser celui-là. La belle affaire. Au bout de deux ans, mon frère a mis un terme à cette union. Couic! Plus d'Alphonse. Faut dire qu'il était plus difficile de faire croire à une union non consommée avec un poupon dans les bras...


J'ai remis mes sandales indiennes, mes fleurs et mes foulards et j'ai suivi un atelier de confection de poison chez un gourou en vogue à l'époque. Fallait bien passer le temps, quoi!
Et voilà que mon père décide de me marier une troisième fois! Jamais deux sans trois, qu'ils disent... Il m'a dégoté un autre Alphonse. Alphonse 1er d'Este. Tu parles d'un karma. Au moins, je ne risquais pas de me tromper de nom dans les moments intimes! Toujours est-il que je l'aime bien, cet Alphonse. Nous nous sommes retirés loin de Rome, à Ferrare, et depuis je me consacre aux Arts à ma guise. Yesss!


Évidemment, en tant qu'épouse respectée et respectable, les gougounes indiennes, les foulards, le patchouli et les fleurs de ma jeunesse ont pris le bord. Alphonse préfère me voir dans des grosses robes lourdes. Bof... du moment que je puisse me consacrer à mes hobbys en paix...

Voilà, vous savez tout maintenant. Et ne croyez surtout pas ces films, romans et télé-séries dans lesquels on persiste à me décrire comme une dépravée! Je suis on ne peut plus paisible. J'adore lire et admirer l'oeuvre des grands peintres de l'histoire. Non mais... coucher avec mon père et mon frère...  Eurk!

***

Note: Le magnifique montage photo tout en haut qui est aussi mon avatar, a été réalisé par nul autre que Ticklebear, mon fabricant d'image officiel sur le web. Et le nom de Lucrecia me vient aussi de lui, car il y a déjà bien longtemps, quand nous nous sommes rencontrés, je lisais la biographie de Lucrezia Borgia, et faut croire que ça l'a marqué, car depuis toujours, il m'appelle Lucrecia.

lundi 21 mars 2011

Gustatif



À cette heure, je commence à avoir faim, moi! Toute cette couleur orange à chaque station me donne envie d'un canard, tiens! Juteux et cuit à point... j'oserais même, accord inusité certes, mais bon j'en ai envie, un bon verre de sauternes pour l'aider à descendre doucement vers mes enzymes enthousiastes. Mmmh, menoum! Mais! Mais qu'est-ce que c'est que cet hurluberlu?!? Pouah! Tu parles d'un turn off! Il me rappelle exactement ces assiettes de boudin rôti servies dans mon enfance alors que je devais mastiquer pendant de longues minutes cette brune mixture fade de sang cuit qui me roulait dans la bouche indéfiniment. Et même ses chaussures me rappellent les petits oignons marinés servis avec cette pouasse! Jusqu'à sa cravate horizontale, ridiculement coincée dans les portes me rappelle les tranches de bacon trop cuites, raides et froides, qui niaisaient à côté du boudin dégueux. Beurk... j'ai comme un p'tit goût de reflux gastrique qui me remonte tout à coup.

Heureusement, une fraîche cascade de rires clairs sortant de la pulpeuse bouche framboise – ah, ces petits fruits gorgés de soleil et de rosée qui explosent de saveur lorsque cueillis le long des sentiers de canicule  de la jeune fille au teint de pêche me ramène au glouglou de mon verre de sauternes. Mais qu'est-ce qu'elle rigole, la belle! Elle se fend la poire pas à peu près. Le boudin en prend pour son compte! Et woush! Dès que les portes s'ouvrent, il disparaît comme restants aux poubelles! Bon débarras! Non mais sa seule vue couperait l'appétit à un banc de piranhas a jeun!


Mais c'est que j'ai de plus en plus faim, moi là... et en plus, fallait que je vienne rapporter ce livre de cuisine emprunté à la Grande Bibli avant de rentrer souper... Argh! J'aurais dû m'apporter un en-cas... des dattes fourrées au fromage bleu... mmh le mélange de sucré-salé parfait... ou des figues séchées... des amandes au tamari... NON MAIS J'HALLUCINE OU QUOI!!! Si c'est pas le boudin, juste là, avec sa tranche de bacon en biais et ses p'tits oignons puants! En plus, son cellulaire émet des sons de borborygmes à tue-tête!! Ah ben justement, en pensant "amandes", il y a une paire de yeux là qui le cuisent sur place. Ouch! V'là-t'y pas qu'il mange une de ces taloches en direct du soleil levant! Ha,Ha!! Ben bon, le boudin!
Tiens, ça me donne envie tout-à-coup de me payer de l'asiatique dans le coin, tout ça... des légumes croquants... du gingembre... un bon riz collant et... du canard?


***
Ce texte est ma deuxième participation au projet de Clarence L'Inspecteur qui s'est donné comme mission de refaire les fameux exercices de style de Raymond Queneau avec la contribution de tout blogueur assez willing et enthousiaste pour se commettre. 

Je vous invite à aller prendre connaissance du texte original à adapter selon les styles choisis ainsi qu'à aller lire toutes les versions déjà rédigées de ce texte sur le blogue : On est toujours trop bon.

mercredi 16 mars 2011

Je me re-auto tague! Pour une chauve-souris

J'ai trouvé cette tague sur le blogue de Clarence L'Inspecteur.

Il y a quoi... trois étés, quatre? Bof... tous les étés se valent, lorsque nonchalamment passés au chalet...

Nous étions tendrement enlacés-emboîtés-emmêlés-empêtrés-entassés dans notre petit lit double qui ne pourrait pas être un lit queen tant la chambre est exiguë, et qui penche de mon côté parce que le plancher du chalet penche vers le nord-est. Nous, c'est l'Homme et moi. L'Homme, c'est mon homme. Un grand gaillard aux épaules larges de nageur, au sourire franc, un gars solide sur des jambes de Tarzan. Et au crâne rasé. Détail qui semble superflu, mais pas tant.

Par une belle nuit chaude d'un silence si intense qu'on aurait entendu une mouche crier, quelque chose d'imprécis m'a extirpé de mes rêves. Une sensation. Feeeeeelings, wo-o-o feelings, wo-o-o, feel you again in my arms... face?!? Mon sixième sens était en alerte. Mes yeux grand ouverts scrutaient l'obscurité. On niaise pas, au chalet. Quand on dit obscurité, on dit NOIR! Un noir épais, si dense qu'il en est presque visqueux, comme si j'avais plusieurs couches de paupières à ouvrir pour espérer voir clair. Évidemment, j'aurais beau écarquiller les yeux tant que je le peux, je ne verrais même pas la face de l'Homme à deux pouces de la mienne! Faque pour ce qui est de tenter de savoir d'où provenait ce léger froissement de l'air (et non, il ne s'agissait pas de la respiration de l'Homme), j'étais bien démunie.

J'ai décidé de faire l'autruche, et de faire semblant de me rendormir. Avec les oreilles dressées comme des antennes et le coeur battant. Tellement battant que je n'aurais jamais pu me rendormir dans tout ce vacarme.

Et hop! Encore!

Encore!

Puis... triiing! J'entend quelque chose frapper le moustiquaire.

S'en est trop! Je me décide à murmurer à l'Homme que quelque chose est dans la chambre avec nous.

-Respiration profonde et régulière... arghh, l'insouciance du dormant!

Tentative no. 2

-Chéééri? Quelque chose vole dans la chambre et me fait du vent dans face avant d'aller cogner dans le moustiquaire!!!
-Zzzzzz...

Tentative no. 3

- HEILLE!! (brassage de Tarzan vigoureux) Y'A QUELQUE CHOSE DANS LA CHAMBRE!!! FAIT DE QUOI, HOMME!!
- Zzzz... quoi... ? (je ne suis pas dupe, je sais qu'il fait semblant de ne rien entendre... ) Ben non... dort...
- NON, encore!! Ça saute dans le moutiquaire!! Hiiiiiiiiiiiiii!!!!!
- Tsss...Fatiguante!

Et l'Homme d'allumer la lumière (car la chaînette pour allumer l'ampoule nue pend de son côté du lit), de trouver ses lunettes (car il est myope) et de se mettre sa paire de bobette sur la tête le temps de se rendre au garde-robe pour mettre son imperméable jaune et de bien tirer les cordons du capuchon afin que ce dernier soit bien fermé tout le tour de son visage endormi. Tout ce temps là, une chauve-souris complètement affolée ne sait plus où se garocher.

-Wouah!!! Pourquoi tu te mets un capuchon?!? HA,HA,HA!!!
-Ben parce que!! Il paraît que ça s'agrippe aux cheveux!
-Euh... ben... c'est parce que...t'en a pas!
-J'veux pas que ça me touche la tête, bon!

Et il s'en va chercher une serviette de plage en allumant toutes les lumières du chalet. Et v'là t'y pas mon Tarzan qui fait son Zorro, son d'Artagnan, son Thierry la Fronde avec sa serviette! Il est tellement spectaculaire, que je me décide à sortir du lit. Je mets mes lunettes (car je suis encore plus myope que lui) et je me dirige vers le garde-robe pour mettre mon imperméable jaune (car moi, j'ai des cheveux!!).

Et on a l'air de deux slomos à sauter partout dans le chalet tout nus avec des imperméables jaunes au capuchons fermés ben durs, des fonds de bouteilles dans la face, et une pauvre chauve-souris peut-être plus affolée de voir deux fous que de se savoir prisonnière dans un chalet!

Mon Dieu!! Si il fallait que Lucienne se lève pour aller faire pipi! Lucienne, c'est la voisine du chalet d'en bas, dont les fenêtres donnent sur notre grande fenêtre! La honte ce serait!!

Tourque l'Homme, au smash de tennis incroyable, a finalement frappé sa cible avec sa serviette. Ploc! Encore sur l'adrénaline il attrapa le ramasse-poussière et hop, expédia l'intruse par la porte.

-Mon héros!!! Smooch!

Puis nous avons éteint les lumières, enlevé nos imperméables, nos lunettes et sommes retournés nous entortiller dans notre petit lit penché. Il faisait toujours aussi noir, mais nos fous rires emplissaient le silence.

***

Le lendemain je me suis précipitée à l'extérieur et elle était là. Morte. Au bas des marches. Je me suis sentie toute triste. Et si on avait rien fait, serait-elle sortie par où elle était entrée? Elle serait peut-être encore en vie? N'empêche, c'était la première fois que je pouvais en examiner une de près. Wow! Pas que c'est si mignon, mais c'est impressionnant. Je lui ai déplié les ailes, et il y avait comme des petites mains aux articulations. Un peu comme si nos mains étaient aux coudes. Et le corps n'est pas tellement plus gros que celui d'une souris. Velu. Une petite fourrure. J'ai été impressionnée par la beauté de la nature, de l'évolution des espèces, et... par la bêtise de la nôtre. Mais qu'est-ce que nous sommes dénaturés! Il suffit que nous soyons dans la nature pour ne plus être du monde.

lundi 6 décembre 2010

Ampoulé


Pendant que les aiguilles du temps chatouillent les chiffres taciturnes de l'horloge au zénith de cette journée morose, un quidam hagard, le corps vêtu à la Denis Drolet et les pieds chaussés d'aveuglantes espadrilles javellisées, arriva en trombe, tel le Ben Johnson de la poudre d'escampette, et se faufila en douce à la façon de l'anguille sous roche entre les parois caoutchouteuses des portes métalliques du wagon, wagon qui dans quelques secondes s'engouffrera dans les abîmes de la métropole. C'est ce moment précis que choisit le destin, histoire de détendre l'atmosphère un brin, pour faire de ce nerveux sprinter le prisonnier des mâchoires d'acier du monstre souterrain, le retenant seulement par les quelques centimètres du sombre tissu synthétique ornant pathétiquement le col... de sa déconfiture.


Une jouvencelle mélomane, le séant posé sur une banquette de choix, savoura chaque seconde de l'acte qui se déroula sous ses yeux hilares. Étouffé d'orgueil plus que de sa fâcheuse position, le malheureux tenta bien, par la réprimande, de se refaire une prestance, mais en vain, car les piteux borborygmes s'échappant en grappes de sa bouche vineuse, vinrent alimenter les soubresauts incontrôlables de la maintenant pliée en deux demoiselle amatrice de gadgets technos. Même les mâchoires du destin se desserrèrent, et le ridicule s'échappa au galop...
La belle n'eut plus, pour se distraire, qu'à augmenter d'un mouvement du pouce tout en circonvolutions, le niveau en décibels de sa bébelle et fredonna « Ironic » de Alanis Morissette.


Quelques heures plus tard, alors que j'errais dans l'antre du savoir gardienne des traces de notre passé, je revis, de mon œil alerte et aiguisé tel l'aigle repérant le brun mulot trottinant dans les hautes herbes du haut des cimes des falaises escarpées dans le brouillard du petit matin, l'homme à la cravate chiffonnée affalé dans toutes ses aises affairé à feuilleter d'un regard absent les paroles, imprimées sur papier recyclé, des grands de ce monde. Déchirant soudain le pudique voile du silence frileux, le son bête de son téléphone intelligent hurla une musique de synthèse, reprise d'un tube niais, sans pour autant froisser le reste de son anatomie. La jaune amazone assise derrière lui le fustigea d'une magistrale claque débridée qui le frappa tel un tsunamis de mépris.

***

Que j'm'explique...

Ce texte, là, en haut, est un exercice de style. C'est ma modeste contribution au projet de Clarence L'inspecteur qui reprend en version web, les fameux EXERCICES DE STYLE en hommage à Raymond Queneau. Honnêtement, je ne connaissais pas Raymond Queneau avant hier. J'peux pas dire que je le connais mieux aujourd'hui, mais je sens qu'il me plaît bien. En bref, il a raconté 99 fois la même histoire en 99 styles différents et ce, dans un même livre. Juste pour ça, je lui lève ma casquette, ma brassière et mes jarretelles! Faut le faire! Non pas de soulever ces accessoires vestimentaires, mais d'écrire en 99 styles différents.
J'en ai même pas un, de style! Je pars de loin pas à peu près! Et qu'est-ce que j'y connais, en écriviture, moi?

Tourque, j'ai accepté de tenter l'expérience car après tout, toute bonne raison de perdre un peu de temps est plutôt bienvenue... et je suis arrivée juste au moment où on en était au style "ampoulé".  Am-pou-lé, toé! Duh...

Tite recherche sur internet : ..."tissu de clichés" ..."souci artificiel de créer un écart par rapport à la langue simple" ..."un usage excessif des figures"... bla,bla,bla... Bon, allez, on plonge! Je ne ferai pas un écrivain de moi en quelques jours, anyway!

Pour connaître le texte original non défiguré et pour lire les autres versions écrites dans différents styles, faut aller sur le site : On est toujours trop bon

vendredi 18 décembre 2009

Fait d'hiver

Quand on a à rouler sur l'autoroute de façon plutôt fréquente, on a l'habitude d'y voir des animaux qui n'ont pas eu la chance de pouvoir traverser la sus-mentionnée autoroute sans heurts, de façon à se retrouver de l'autre côté des six voies de la déjà citée autoroute, sains et saufs. 
Donc, soit ils sont écrapoutis en plein sur votre voie (dans le cas des petites espèces genre écureuils, moufettes, ratons-laveur, ect...) ou soit ils sont allés agoniser sur la voie de secours, à droite (genre marmottes, chiens, chevreuils et parfois orignaux). Les amochés mais encore-capable-de-se-traîner sont allés trépasser loin des regards indiscrets dans les broussailles ou les bois.

Et bien aujourd'hui, pour une première fois dans ma vie d'utilisatrice de voie rapide, j'ai vu un superbe malard. Mort. Dans la catégorie des marmottes, chiens, chevreuils et orignaux. C'est à dire sur le bord droit de la déjà plusieurs fois citée autoroute. J'ai eu le temps de bien voir son plumage et les teintes bleu-violacées de ses ailes ainsi que le magnifique vert de sa tête miroitant sous les rayons de soleil d'une radieuse journée de DÉCEMBRE DANS LES MONTAGNES DES LAURENTIDES À -19 C LOIN DE TOUT LACS QUI SONT D'AILLEURS PROBABLEMENT DÉJÀ GELÉS BEN DURS!!!

Ce fait divers m'a plongée dans une mer de perplexité. J'en ai presque raté ma sortie tellement j'ai tenté de figurer comment est-ce kessé que ça se fait qu'un palmipède ait pu réussir à finir ses jours là, comme ça, bêtement, en plein hiver, sur le bord de l'archi sus-mentionnée autoroute, à quelque part entre une marmotte à la témérité fatale et une ex-moufette distraite!

Alors soit: 
  1. Il s'était endormi profondément à l'automne et s'est réveillé seulement aujourd'hui se rendant compte que tous ses congénères étaient déjà partis sous de meilleurs cieux. Il s'est donc envolé tout de go, a eu une crampe et est tombé sur la voie de droite d'une certaine autoroute de notre connaissance.
  2. Il avait fait une gageure durant l'été qu'il pouvait se rendre dans le sud à pieds. Rendu à l'obstacle de taille qu'est la fameuse autoroute dont je crois vous avoir déjà parlé, il a patienté sur le bord attendant que les voies se libèrent, sautant d'une patte à l'autre parce que du bitume à -20 C c'est frette en pas pour rire, et pendant qu'il regardait le ciel à regret, un conducteur s'est justement tassé sur le côté pour pouvoir mieux chercher un autre CD à mettre dans son lecteur parce que 70km à entendre des chansons de Noël par Marc Hervieux à tue-tête, sur repeat, de surcroît, ça tape sur le p'tit nerf. En fait, le conducteur était tellement exaspéré, qu'il a à peine senti l'impact, et l'ultime couac de notre canard est passé inaperçu sous les puissantes notes du ténor.
  3. Donald avait été adopté durant l'été, alors qu'il n'était qu'un mignon petit caneton duveteux, suite au pleurs stridents et insistants de la petite Noémie qui refusait de quitter la plage et de se séparer de son nouvel ami aquatique. À bout d'arguments et souffrants d'un manque d'autorité flagrant, les parents ont donc accepté de ramener Donald à la maison, histoire de ne plus entendre les cris de leur petite peste. Les semaines puis les mois passèrent et Donald devint adulte. De mignon, il est passé à beau. Mais beau, ce n'est plus mignon. Et la petite Noémie, depuis l'été, a eu amplement le temps de se désintéresser de son ami à plumes. Mais, quand vient le temps de quitter la maison pour la période des Fêtes, il faut amener Donald, parce que sinon, il va crever de faim tout seul à la maison. Alors la petite famille est en route et tout ce qu'on entend, ce sont les pleurs stridents et insistants de la petite Noémie parce qu'elle veut un chien à Noël, et que c'est hors de question! Et plus elle crie, plus tout le monde s'énerve, et Donald qui est hyper-sensible et en rut, se met à battre des ailes dans la voitures et à déféquer partout. C'est alors que Nathalie (la mère) l'empoigne par le cou, là ou une ligne blanche sépare la magnifique couleur émeraude de sa tête du reste de son corps maron, descend sa vitre de portière et d'un geste sec et sûr, le garoche à l'extérieur. Et vlan. Tout porte à croire que Donald soit mort d'une crise cardiaque avant même d'avoir heurté le gravier sur le bord de la maintenant très connue autoroute.

samedi 14 février 2009

Baôn, la St-Valentin asteure...

Pour ceux qui suivent ce blogue depuis un certain temps, vous avez probablement eu l'occasion de constater à quel point j'adooooore toutes ces fêtes commerciales à la con (yeah, sure!). On commence tout juste à se remettre de deux mois de lavage de cerveau à grand coup de musique insupportable à l'occasion des Fêtes, que v'là-t'y pas que l'on doive maintenant se taper la vision de ti-coeurs rouges à perte de vue.

Non mais y'a tu moyen d'avoir la paix?!?

Il fut un temps où la St-Valentin consistait en l'échange de billets doux entre amoureux. C'est pas mignon, ça? Et beaucoup plus personnel, me semble, qu'une de ces boîtes de chocolats en coeur usinées en série, parfaites pour se débarasser sans effort d'une "obligation" en échange d'une certaine paix conjugale. D'ailleurs, que se passe-t'il, les 364 autres jours de l'année? On se prend pour acquis?

À moins de jouer le jeu du kitch à fond, ce qui pourrait être amusant.

Roméo arrive dans une effluve de Old Spice, la chevelure gominée, le sourire Crest étincelant derrière un immense bouquet de roses rouges et une boìte de chocolat en coeur avec la bordure en dentelle. Juliette lui ouvre la porte, moulée dans une ébouissante robe rouge satinée recouvrant d'affriolants sous-vêtements de dentelle (que serait la St-Valentin sans dentelle!) dont des jarretelles... en dentelle, bien sûr, retenant des bas de soie, et un inconfortable string lui éraflant l'arrière-train et que si, ô malheur, un vent venait à lui échapper, on entendrait sûrement un sifflement de bouilloire.
Un joli petit tablier lui ceint la taille car elle est en train de mettre la dernière touche au souper qu'elle prépare pour Roméo, juquée sur des chaussures stilettos. Neuves. Inutile de spécifier que la démarche, étant donné le string et les galoches, manque un peu de grâce. Mais Roméo est tellement ébloui par le sourire rubis et un peu crispé de sa belle, qu'il ne remarque même pas son pas raide.
Quelques verres de champagne plus tard, sur fond de musique romantique genre James Last, le bon repas consommé et les assiettes sales pitchées sur le comptoir de cuisine, on passe à l'incontournable fondue au chocolat. Et que je te trempe la fraise, que je te mord la moitié de la fraise, et que je te partage l'autre moitié de la fraise directement de ma bouche...
La fondue terminée, Juliette a le rouge à lèvres contourné de chocolat. Roméo a maintenant, lui aussi, du rouge à lèvres et du chocolat jusqu'aux oreilles. Et c'est les yeux dans la graisse de binne que les tourtereaux dansent un slow langoureux, Roméo la face dans le décolleté de Juliette car sur ses stiletto elle le dépasse maintenant d'une tête. Oups, un peu de chocolat lui décore maintenant la vallée... et la robe... et son bustier Le Jaby à 150.00 piasses!
Roméo descend la fermeture éclair de la robe de Juliette qui choit au sol (la robe, pas Juliette!). Un son de satin déchiré se fait entendre entre deux accords d'orgue Hammond. Maudits stilettos! Roméo descend la fermeture éclair de son pantalon... (Roméo est un spécialiste des fermetures éclair)

Et là, des sons de succions humides, des râlements, et... oui, c'est bien celà, des claques (eh ben, sacré Juliette!) et des "encore". Il sont soudainement emportés par des spasmes incontrôlables et... bon, quoi encore!... Roméo se rue aux toilettes ou d'autres spasmes incontrôlables le secouent jusqu'à ce qu'il voie sa soirée défiler sur le fond blanc de la cuvette.

Bonne St-Valentin quand même!

lundi 1 décembre 2008

Chronique vinicole

Voici revenu le temps des réjouissances et son lot de rencontres familiales et amicales. Et quoi de mieux que de l'alcool pour mieux faire passer tout ça! Non que je sois sauvage, mais juste assoiffée.
Assoiffée de rencontres, bien sûr! (voix d'Alain Goldberg: ...et elle prend de la vitesse, se concentre et... OH! OUIIIII! quel magnifique triple saut piqué des vers!)

Lors d'un souper tout sympa, ce weekend, j'ai eu à goûter (y'a des fois, où les portes de sorties sont trop éloignées) un p'tit bowère, fruit d'un labeur engendré par de vertes motivations écologiques du Grand Cru de Vaudreuil lui-même ainsi que son Petit Lard. Nuls autres que Mightymite et sa tendre moitié.

Ils nous ont concocté leur version du Clos de Blanchard. Trente bouteilles, bout de viarge! Trente!! Comme dans : 10 + 10 + 10!! Ou encore, 15 X 2 bouteilles!! Ou ((3 X 3) X 2) + 2 + 6 + (2 X 2)!!!
Ça en fait, ça, des beaux p'tits soupers sympas! Wouh! Menoum!

Comment décrire ce juteux nectar...
Tout d'abord, une robe tout en frou-frou taillée dans un polyester soyeux tirant, ma foi, sur le rouge. Digne d'une danseuse de cancan alcoolique sur son retour dâge.
Le bouquet, tout en petites fleurs séchées grisâtres, s'égraine très bien sur une nappe damassée blanche des grands jours.
Et la jambe... ah, la jambe! En l'air, bien sûr! Ravira toute personne à la cuisse légère. Et de velour, pourquoi pas!
L'attaque (je ne saurais trouver terme plus approprié) en bouche, se fait au niveau des papilles du bout de la langue (là où sont pris en otage tous les mots qui me serviraient tant pour décrire cette expérience quasi-métaphysique). Les saveurs n'ont même pas besoin d'aller plus avant (fiou!), car elles sont déjà épuisées d'avoir ravi nos pauvres papilles sans défense.

Bref, c'est doux, c'est fruité (un peu comme du Jello pas figé) et je suis certaine que l'on pourrait trouver une foule d'autres applications à ce liquide. Heureusement, il y a un bon pourcentage d'alcool qui permet de passer outre certains points qui feraient se tortiller au sol tous les François Chartier de ce monde.

Je suis tout de même heureuse d'avoir eu l'honneur de goûter cette chose (la vie, après tout, n'est-elle pas qu'un long chemin rempli d'embûches?) et je profite de l'occasion pour spécifier que mon agenda est tout plein, ouais, pas le moindre petit espace pour un souper sympa en vue... et ce, jusqu'en 2010 au moins (ça prend combien de temps, pour épuiser une réserve de trente bouteilles?).

Voici, en accéléré, l'effet du Clos de Blanchard à l'appellation incontrôlable du Grand Cru de Vaudreuil et Petit Lard :
Production Ticklebear inc.

mercredi 16 avril 2008

La pêche à la mouche

Il s'avance dans la fraîcheur du petit matin, posant les pieds sur l'herbe ruissellante d'humidité. La lueur des dernières étoiles le guide jusqu'à la rive, où l'attend, bercée par un léger clapotis sa bonne vieille chaloupe endormie parmi les joncs. Il y dépose son gréement, enjambe la rambarde en prenant soin de ne pas renverser son thermos de café, et d'un ou deux coups de rame se laisse glisser doucement en dehors de cette mini jungle aquatique. Par mouvements expérimentés, il glisse silencieusement sur cette surface lisse et opaque. Par-delà la cîme des arbres, sombres silhouettes sentinelles, le ciel s'éclaircit lentement jusqu'à s'empourprer à la venue du soleil. Un huart fait entendre sa plainte, réverbérée sur toute la surface de l'eau jusque dans les bois environnants. Puis, suite à un signal mystérieux, un concert de pépiements de toutes sortes explose de partout à la fois, célébrant ce jour naissant.
Le rameur est empli d'une joie pastorale. Il est envahi par un sentiment d'osmose avec le cosmos. La certitude d'être exactement au bon endroit au bon moment. Comme si les dieux lui permettaient d'assister à la genèse de la vie. Il se sent privilégié et heureux.
Ainsi passèrent les heures, seul avec l'infini, à méditer tout en lançant sa ligne au travers ce miroir où seul le ciel se mire.

Une fois le moment magique passé, quand les elfes et les fées disparaissent à la lumière crue du jour, le pêcheur sort de sa méditation et revient vers la rive. Il range ses appâts, vide son embarcation et remonte d'un pas lent vers son établi, la tête encore engourdie de félicité. Il dépose ses prises sur le bois usé et d'une lame bien affûtée s'apprête à les préparer. Et c'est là que toute la patience du pêcheur et l'amour du travail fait selon des rites précis sont mis à contribution... car il a beau être zen, mais là... vider des mouches et les tailler en beaux filets, faut le faire!


illustration : La famille de huarts (huile sur toile) Gisèle Benoît

jeudi 29 novembre 2007

Ça prend-tu un cours universitaire?

Holà, holà! Voici une nouvelle intéressante bien que déconcertante :

La moitié des patients ne comprennent pas leurs prescriptions.

Comme dirait Daniel Pinard : "Ben là... "

J'ai donc pensé qu'il s'agissait de nouveaux arrivants ne connaissant ni le français, ni l'anglais. Ou tout simplement d'illettrés ou d'analphabètes. Ou de personnes atteintes d'Alzheimer. Ou encore, de personnes déjà sous médication...

Que nenni, des détenteurs d'un diplôme collégial ont été confondu-du-du par quelque chose d'aussi simple que : "Prendre deux tablettes deux fois par jour"

Qu'a-t'il bien pu se produire dans ces cerveaux...

Voici quelques mises en situation :

L'alcoolique
Il est environ trois heures de l'après-midi. Le bourdonnement d'une mouche (à marde) le réveille. Oh boy! Sa tête pèse une tonne. Et parlant de tonne, la pièce embaume un écoeurant parfum de fond de tonne.
La mouche passe au dessus de sa bouche maintenant entrouverte, et tombe raide morte, sur le bord de la lèvre inférieure de Raoul, qui ne s'en rend même pas compte. Les activités de son cerveau reprennent lentement et il reconnaît maintenant l'endroit où il se trouve. C'est sa chambre. La même depuis 67 ans. Celle où il est né, où il a grandi et où il vieillit seul depuis que sa mère est décédée, il y a 25 ans de cela. Son père, il ne l'a jamais connu.

Bref, rassuré de se retrouver dans un endroit familier, il extirpe sa frêle carcasse d'entre les ressorts du matelas pour se diriger vers la cuisine. Fiou, la mouche est tombée dans une craque du plancher.
Il avance lentement, se traînant les vieilles pantoufles sur le plancher dont on ne se souvient plus de la couleur originale, tout en déglutissant difficilement.
Il se rappelle maintenant, en la voyant parmi les cannes de bines ouvertes et les coquerelles apeurées par sa présence dans la pièce, que le p'tit gars de la voisine lui avait apporté cette bouteille de pilules en même temps que sa caisse de 24 quotidienne. Était-ce hier ou ce matin? Bof... il s'était dit qu'il commencerait sa prescription à jeun, en se levant.
Il prend connaissance des instructions sur la bouteille. Se gratte la tête. Se réfugie dans sa tête. Fouille dans ses maigres connaissances... puis, illumination, grand sourire édenté (c'est qu'il est presque beau dans ces moments où il est touché par la grâce), il ouvre l'armoire et prend deux bières... tablettes!

L'obèse
Les premiers rayons du soleil s'infiltrent entre les lattes du store de bambou de la chambre exotique d'Israel, le chanteur à la petite voix. Ses paupières encore lourdes (elles le sont tout le temps, d'ailleurs, comme le reste de sa personne) s'entrouvrent sur la promesse d'un jour nouveau parsemé de petites choses qui le rempliront de bonheur.
D'un bond, c'est-à-dire dans un premier temps, après avoir difficilement roulé sur le côté et déchiré le drap qu'il avait omit de retirer de sa personne, puis en tentant de prendre appui sur son coude, hélas immobilisé sous la masse de son corps, et en ahanant tout en essayant de faire avancer une jambe vers le bord du lit, jusqu'à ce qu'il réussisse à se retrouver dans une position que l'on pourrait qualifier d'assise, il réussit, au bout de deux heures d'efforts, à se lever.
Puis il se dirige dignement, en évitant de marcher sur les restes de pizza et autres mets chinois, les lambeaux du drap accrochés à ses bourrelets, vers le coeur de sa maison, autel de ses dévotions, la cuisine. En avançant vers le frigo, il aperçoit la petite bouteille de pilules qui lui a été livré la veille, par la pharmacie. Il la prend d'une main, et la bouteille disparaît complètement entre son pouce et son index. Bon... passe un autre quart d'heure, et il finit par la tenir de façon à ce que la posologie, inscrite sur l'étiquette lui soit visible. Il prend connaissance des instructions tout en écarquillant les yeux et en bavant de bonheur, puis il ouvre l'armoire, prend deux tablettes... de Toblerone, les déballe et les engouffre.

Le gars de la construction
Il se lève le matin, enfile le t-shirt gisant au sol parmi les minous de poussières sortant de sous le lit, se dirige vers la cuisine en grattant le contenu de son boxer d'une main et la tête de son boxer de l'autre, ouvre la porte patio pour que Brutus aille se soulager les viscères sur le vert gazon du voisin, car le sien n'est plus vert depuis longtemps, tout parsemé de zones jaune douteuses et de trous, causés par son fidèle compagnon.
Puis il s'empare du petit pot de pilules qu'il est allé chercher à la pharmacie la veille, en revenant du chantier, et qu'il avait laissé là, sur le comptoir, à côté d'une pile de factures toujours pas payées. Il lit l'étiquette de la petite bouteille, ouvre l'armoire, prend deux tablettes et ne sait plus quoi faire avec...


Ça doit être quelque chose dans le genre, hein? J'peux pas voir autre chose...

mercredi 26 septembre 2007

À tire-d'aile

Voilà, le signal de départ a été donné. Je les entends fuir jour et nuit vers d'autres horizons.
Le temps inexplicablement doux permet de laisser les fenêtres ouvertes, ouvertes sur les sons, les cieux et la nuit...
Leurs cris sporadiques ponctuent mes activités, s'immiscent dans mes insomnies, me rappèlent que la nature est plus forte que tout, qu'une force semble régner au dessus de toute volonté.

Elles quittent à la vitesse grand V qu'elles semblent vouloir inscrire dans le ciel. Un beau grand V comme : Voyage. Vélocité. Vie.

Elles ne sont pas encore toutes parties, que j'ai déjà hâte de les entendre revenir au printemps prochain.
Bon hiver les bernaches!