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"Bertrand Russel"

vendredi 9 janvier 2009

SÉRAPHINE

Séraphine, une autre artiste à la vie miséreuse. Je suis bouleversée suite au visionnement de ce film. Pas tant par le film lui-même, que par l'histoire de cette artiste dont je ne connaissais absolument rien avant de m'asseoir dans la salle Fellini du cinéma Ex-Centris. Quelle vie. Marquée par la misère, la solitude, les travaux de ménage qui occupaient toutes ses journées en échange de quelques écus qui lui permettaient de s'approvisionner en matériel de base pour ses activités nocturnes. Car la Séraphine ne se contentait pas d'une bonne nuit de sommeil à la fin de journées éreintantes. Que non! C'est que son ange gardien lui avait ordonné de peindre! Rien de moins. Cette pauvre femme qui n'a jamais eu aucune formation artistique, s'est mise à concocter elle-même ses couleurs qu'elle répandait sur des toiles à même le sol de sa mansarde, à la lueur de bougies. Mais quelles toiles! C'est bien simple, j'ai juste envie d'aller les voir de mes yeux! Pour en revenir au film, j'ai trouvé le déroulement plutôt long. J'ai eu l'impression que le manque de données sur la vie de Séraphine Louis a été comblé par des images mettant l'accent sur les menus détails d'un quotidien dont je n'arrivais pas à croire. Dommage. Mais quelle histoire, tout de même. Je n'ai pu m'empêcher de faire le parralèle avec l'histoire de la vie de Camille Claudel. La similitude de ces deux destins est frappante. Deux artistes de génie, deux femmes, une même époque, deux fins identiques... Étaient-elles vraiment folles? Ou juste débordante de créativité? Ce serait ce genre de questionnement que j'aimerais voir élaboré dans un scénario.

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Je ne regrette pas une seule seconde d'avoir choisi ce film. Même si à mon avis, ce n'est pas un "grand" film, le fait de sortir cette femme de l'oubli et de reconstituer sa pauvre vie par les images soignées d'une France au temps de la Grande Guerre, vaut toute ma reconnaissance. Rien à redire sur le jeu de Yolande Moreau. Sauf que je me serais attendue à voir un personnage un peu plus caractériel et fougueux, pour une personne si inspirée et surtout, apparemment, névrosée. Certe, dans le film on a mis l'accent sur sa détermination, et "son monde", sa bulle de solitude, mais je l'ai trouvée un peu trop docile et uniforme. Mais bon... qu'en sais-je, après tout?

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