THE TIME YOU ENJOY WASTING IS NOT WASTED TIME
"Bertrand Russel"

lundi 21 avril 2008

Lettre à mon voisin

Cher bisouneux,
La présente est pour vous faire part de notre intention, les gens du patelin et moi-même, de profiter de la belle saison cette année, sans entendre l'un ou l'autre de vos accessoires à moteur servant à embellir votre pelouse verte exempte de mauvaises herbes (c'est très douteux, ça, d'un point de vue écologique, vous savez... mon frérot ne serait pas fier de vous, là), vos arbustes sans bibittes, votre bordure de pavé uni sans aucun brin d'herbe pour lui faire ombrage et votre entrée de garage aussi étincelante que le plancher de cuisine de matante Jeannine!

Ça va faire!!!

Je vous ai vu, la semaine dernière avec votre souffleuse à feuilles en train de pousser les morceaux de glace que vous veniez de concasser vers la rue! Non seulement ça fait du bruit, c't'engin là, mais c'est pas un ti-peu niaiseux, de pousser des galettes de glace avec ça? Une pelle ou un balai, ça fait pas partie de votre arsenal? Oui je sais... y'a pas de moteur...
Pis je vous ai vu, aussi, en fin de semaine. Enfin... je vous ai surtout entendu vers 7:00AM PUIS, je vous ai vu parce que mine de rien, je suis allée voir vers 13:00 qu'est-ce qui pouvait bien valoir que vous vous acharniez à ce point. Comment n'y ai-je pas pensé... Dieu que ça doit dont être insupportable, pour une personne comme vous, de voir des bancs de neige légèrement noircis sur votre pelouse à moitié dénudée. C'est quand même pas une raison, cher zigonneux, pour les faire fondre à l'aide de votre maudite machine à marde du bâtard!

Vous dire à quel point j'appréhende déjà le jour où votre gazon adoré aura allongé, ne serait-ce que d'un centimètre, c'est quasiment hors de portée de mon vocabulaire. Car ce jour sera celui où l'on verra votre porte de garage s'ouvrir sur un rutilant tracteur à gazon que vous aurez longuement astiqué de façon que j'imagine presqu'obscène, durant vos longues soirées d'hiver. Tel le Ben-Hur du village, vous ferez durement la guerre à chaque brindille, n'en épargnant aucune. Tout cela, au détriment de nos tympans, et ce, plusieurs fois par semaine!

Évidemment, vous, vous portez un casque protège-oreilles pour vous couper du bruit. Et ça ne vous embellit pas, cher taponneux! Si au moins vous vous donniez la peine de râteler votre carré de terrain à la sueur de vos bras, de tondre votre verdoyant tapis avec une tondeuse à rouleaux silencieuse, de tailler vos arbustes et haies avec des ciseaux mécaniques, peut-être nous offririez-vous le spectacle d'un homme aux muscles lestes, huilés, bien découpés, (mmmh oui... oh... aaah... mmmh woups! he-hum!), et aux larges mains sûres et habiles. Ben non!! Vous êtes petit et mou, vous n'arrivez même pas à la cheville des vers qui eux, travaillent sous votre pelouse, et tous vos bourrelets se font vibrer de façon tellement disgracieuse par votre catalogue Canadian Tire 3D, que vous en êtes d'autant plus détestable. Vous ne vous contentez pas seulement de polluer notre existence de façon sonore, mais vous y allez aussi de façon visuelle.

C'en est déjà trop! Votre voisinage à bout de nerfs vous somme de cesser ces facéties!

Sinon, nous avons alors l'intention d'envoyer votre photo à toutes les quincailleries avoisinantes, dans un rayon d'au moins 300km pour commencer, afin que vous y soyez banni. Nous leur ferons aussi parvenir vos coordonnées au cas où vous seriez tenté de magasiner à distance. Gnan!

Bon été, vulgaire têteux de plate-bandes! Et si vous n'entendez pas raison, c'est que vous êtes sourd, stupide, ou... ou un anglais. Oh non... un anglais... c'est vrai, j'avais oublié... f*ck!!!

7 commentaires:

  1. Voilà qui est bien dit.

    Il ne te reste plus qu'à imprimer cela et le glisser dans leurs boîtes aux lettres. (oui je sais, ce boutte là est pas facile à accomplir).

    Mais on sait jamais, peut-être verront-ils la lumière suite à ton évangélisation.

    Bonne chance et bon été.

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  2. Mais là est bien mon intention! Sauf que ce que je publie ici, n'est qu'un premier jet, histoire de me pomper un peu le venin...

    Ce qui me freine un peu l'élan, c'est qu il me faudra refaire l'exercice en me glissant dans la peau de Shakespeare... j'pense qu'y a des bouttes qu'y vont prendre le bord...

    Je ne m'illusionne pas sur le changement de ses habitudes, le vieux shnok, mais si il pouvait juste se sentir un tout p'tit peu mal à l'aise la prochaine fois qu'il va brancher un de ces nombreux bidules et déranger tout un quartier...

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  3. bon, bon!!!
    on n'entend point encore le chant melodieux des rainettes, que deja une guerre s'annonce sur un autre front. c'est pas trop reposant la campagne, a ce que je voie...
    vive la ville!!!
    :D~

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  4. À choisir entre mon bagosseux et le bruit du traffic des banlieusards qui se bousculent pendant quelques heures pour reprendre le pont, le son des chantiers de construction, les klaxons, les freins de l'autobus de la ville au coin de la rue et le grabuge de ces amateurs(?) de sports lors de victoires (ou défaites) de leur club préféré, ben... je garde le son des mésanges, merles, cardinals, bruants, sitelles, juncos, geais bleus, jaseurs boréals et... oui, si,si, ...les rainettes! Même si c'est sur fond des maudits moteurs du taponneux à oreilles.

    C'est qu'en plus, il a l'air tellement heureux quand il joue avec ses bébelles, que ça en fait pitié...

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  5. Érich Karl Fedder22 avril 2008 à 23 h 43

    Hahaha...j'adore votre texte...il est tellement....senti! On sent d'ici l'essence et le gazon humide qui ne demande qu'à croître et se faire tondre...

    Bravo!

    ÉKF

    PS: cela me rassure de voir qu'il n'y a pas qu'en ville que l'on doive supporter ces hurluberlus...il y a bien une justice quelque part...

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  6. Cher Intello, votre commentaire dythirambique me va droit au coeur! Trop aimable.

    Je ne saurais dire à quel point ce fut un exercice thérapeutique! Car depuis, je souris béatement en entendant la bébelle du fanatique. Que ce soit dès le saut du lit ou à l'heure de l'apéro, sur la terrasse. D'un zen, j'vous dis pas... jusqu'au prochain pétage de plombs!

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  7. fait comme moi:
    j'imagine les plus horrifiques scenarios a la vue de certaines personnes, & si nos regards se croisent, je peux les regarder avec un sourire satisfait, certain d'avoir decide de leur destin....
    tres therapeutique, ca sort le mechant!!!
    :D~
    j'te laisse avec sa tondeuse...
    vive le beton, & mon champ de construction l'autre bord de la rue, & les renos en court dans le building...
    je vibre au son de leur drills!!!
    :D~

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